29 juillet 2021

Nos racines

Le Parti montarvillois est né sur les cendres d’une municipalité autrefois pleinement souveraine. Aux yeux des trois co-fondateurs du Parti montarvillois, Martin Murray, Pierre Henrichon et Michel Desgagné, les Montarvillois avaient d’un trait de plume perdu tous leurs repères depuis l’adoption en 2002 de la Loi sur les fusions municipales.

Dès lors Saint-Bruno-de-Montarville devenait un arrondissement de la nouvelle grande ville de Longueuil, autant dire un simple quartier de la métropole de la Rive-Sud. Le vrai centre du pouvoir municipal qui engage la destinée d’une Ville selon ses valeurs et sa mission première soit celle d’être au service de ses citoyens, était dorénavant entre les mains des élus de la ville-centre et de sa technocratie.

Quant au conseil d’arrondissement de Saint-Bruno, il fut présidé par l’ex alter-ego de l’ancien maire M. Marcel Dulude, M. Jean Gérin qui tout actuaire qu’il fut ne put ou ne voulut corriger l’iniquité fiscale dont ses contribuables étaient les victimes puisque le calcul des millions de dollars qu’ils devaient dorénavant verser à Longueuil était basé non sur la population totale de l’arrondissement mais sur la valeur globale de la richesse foncière.

Ville autrefois respectée à travers le Québec pour son écosystème champêtre, la grande qualité de sa gestion, le dynamisme et la convivialité de sa population n’était plus que l’ombre d’elle-même.

Cette perte d’identité sema la tristesse et même la colère. Une véritable fronde contre les fusions forcées mobilisera des dizaines de milliers de citoyens d’une trentaine de villes à travers le Québec.

À la faveur d’un changement de gouvernance en 2003, Québec ouvre la porte à la tenue de plusieurs référendums locaux sur la défusion. Les Montarvillois ne boudent pas leur plaisir si bien qu’en juin 2004, le oui à la défusion l’emporte avec 66,5% des suffrages exprimés.

Affecté par la fusion forcée de sa ville à Longueuil, l’ex-maire Marcel Dulude, personnalité locale extrêmement appréciée des citoyens décèdera avant de revoir renaître sa ville en 2005.

Certains membres de son parti vont créer une nouvelle formation politique et nommer à sa tête un haut fonctionnaire du gouvernement du Québec à la retraite, M. Claude Benjamin. Celui-ci sera élu maire en 2005.

Toutefois, bien des Montarvillois déchantent lorsqu’ils réalisent que la défusion n’est que partielle. Saint-Bruno n’est peut-être plus un simple arrondissement mais elle n’est pas non plus une Ville à part entière puisqu’elle fera partie d’une grande agglomération dont la Ville de Longueuil restera le joueur le plus puissant, centralisant les services de police, d’incendies, de transport en commun, des ressources humaines et la maîtrise d’œuvre du schéma d’aménagement tout en conservant l’iniquité fiscale.

En dépit de sa défense de l’autonomie de Saint-Bruno, le parti de M. Benjamin (la nouvelle Alliance municipale) abandonnera une fois au pouvoir, ses velléités électorales d’assurer l’indépendance de sa ville.

Pour prendre la mesure du gouffre financier que représente l’agglomération de Longueuil pour les Montarvillois, qu’il suffise de souligner que l’avis d’impôt foncier augmentera de 48% en 2006 pour les résidences et entre 70 et 100 % pour les commerces et les industries. On voulait en quelque sorte punir les Montarvillois d’avoir choisi de reconstituer leur Ville.

La société civile montarvilloise s’en inquiète sérieusement. Martin Murray, alors responsable de la Chambre de commerce de Saint-Bruno, entend les doléances des gens d’affaires et des représentants de l’Association des propriétaires.

Par ailleurs, de plus en plus de Montarvillois se questionnent sur le bien-fondé en décembre 2006 de confier l’élaboration du plan d’urbanisme à un urbaniste à l’emploi d’un promoteur immobilier qui tente d’avancer un projet résidentiel de prestige dans un boisé naturel enclavé dans le Parc national du Mont-Saint-Bruno. Cette jonction entre des propriétaires mécontents, des gens d’affaires qui se disent surtaxés, des naturalistes déçus par le manque de sensibilité face à la conservation des milieux naturels va convaincre Martin Murray et ses concitoyens, Pierre Henrichon et Michel Desgagné à chercher une solution politique pour ramener l’harmonie au conseil municipal.

La création d’une formation politique qui soit d’abord à l’écoute de tous les citoyens en mettant sur pied un mode de consultation qui favorise le débat d’idées en toute transparence s’est vite imposée aux fondateurs du Parti montarvillois.

C’est ainsi que, le 15 août 2008, Martin Murray recevait du Directeur général des élections du Québec, les lettres patentes d’un nouveau parti municipal, le Parti montarvillois.

La première expérience électorale fut passionnante et riche d’enseignement. La victoire de la jeune candidate Michèle Archambault ouvrait un nouveau chapitre dans l’histoire de la démocratie municipale à Saint-Bruno (nous y reviendrons).

Le courage et la détermination de Michèle, avec l’appui indéfectible de Martin, Pierre, Michel et combien d’autres membres actifs du jeune parti, vont obliger l’administration à répondre de leurs actes aux citoyens.

Face à la grogne qui se manifeste avec de plus en plus de vigueur à l’hôtel de ville, le maire Claude Benjamin fait alors appel aux policiers de Longueuil, ce que d’aucun qualifie de politique d’intimidation. Les montarvillois sont consternés à la fois par la présence policière et par l’éviction de leurs concitoyens aux séances du conseil municipal. Ce qui jette un éclairage particulièrement cru sur la culture démocratique du parti au pouvoir.

La campagne électorale de 2013 va offrir aux Montarvillois l’occasion de sanctionner l’administration de l’Alliance municipale et ouvrir une ère nouvelle pour la démocratie municipale à Saint-Bruno. Martin Murray et cinq de ses candidats sont alors élus et forment la majorité au conseil municipal de Saint-Bruno (à suivre).